Sombre et magnifique, ce disque envoute de sa première minute à son ultime souffle. Cette collection de chansons dépouillées est intense et brève comme l'étaient Songs of Leonard Cohen, le premier pas discographique du poète canadien, ou Pink Moon, l'ultime œuvre tourmentée de Nick Drake, pour ne pas choisir d'exemples au hasard. Certes, la voix de Mirel Wagner est lumineuse, mais elle éclaire davantage les tréfonds de l'âme que les espoirs de l'humanité. Son jeu de guitare agile va à l’essentiel et se suffit à lui-même. Les origines de cette jeune finlandaise adoptée en Ethiopie ne s'entendent guère. Elle a sans doute plus écouté Hope Sandoval que Bjork et peut-être davantage la syncope du blues sahélien que le groove de l'éthio-jazz, mais il n'est pas certain que l’Afrique n'ait été pour elle qu’un lointain point de départ. Peu importe : son art est aussi unique que l’émotion qu’il procure est universelle. Bouleversant !